Nous territoires l'essentiel n'est pas répertorié

Le CLAC accueille Andrée Bélanger à La Maison de la Culture du Château Landry à Mont-Joli du 23 au 29 novembre 2020. Cette artiste en arts visuels viendra présenter le projet Nous territoires, l’essentiel n’est pas répertorié qui vise à questionner la notion de relation au(x) territoire(s). Le public est invité à venir écouter, le soir de la sortie de résidence, la poétesse, slammeuse et spécialiste du kasàlà Elise Argouarc’h qui livrera un texte inédit en écho au projet de Mme Bélanger.

Le projet

C'est durant ses années d'immigrante dans les Alpes françaises qu'Andrée Bélanger a vu naître en elle le questionnement lié au projet Nous territoires : l'essentiel n'est pas répertorié : comment un paysage aussi grandiose pouvait ne pas stimuler davantage ce qu'il y a de meilleur en les êtres humains qui l'habitent?
De retour au pays en 2017, l'artiste s'est installée en plein cœur de la forêt témiscouataine, milieu particulier qui l'influence profondément. Ayant constaté que le phénomène observé outre-mer a ses échos ici, elle a poursuivi son exploration du lien à soi et au territoire par la création d'une série de photographies en noir et blanc et d'aquarelles inspirées de la géométrie de la nature. Partant du principe que ce que nous observons du monde extérieur provient en grande partie de ce que nous nous attendons à y trouver, l'artiste tend à démontrer que la façon dont nous nous percevons se reflète dans la façon dont nous organisons nos espaces. Notre lien au territoire constitue l'expression de notre lien à soi, et il n'a aujourd'hui presque plus rien de naturel : il est culturel. Au même titre que nous réinventons continuellement la culture qui dicte notre façon de penser et d'agir, nous avons le pouvoir de réinventer notre lien au territoire.

La rencontre

L'exposition prend la forme d'une rencontre-événement d'un seul jour, dans six endroits différents et auprès d'une variété de publics de la région, tout au long du mois de novembre 2020. Les visiteurs et visiteuses sont invité-es à partager leurs impressions quant aux œuvres et aux sujets abordés de manière informelle et spontanée, individuellement et/ou en groupe. Une partie des échanges est documentée sur piste audio par l'artiste Guillaume Lévesque, et sera précieusement conservée en vue de la réalisation d'un projet subséquent.

L'exposition se posera d'abord à Sainte-Luce le 5 novembre. Elle sera ensuite ouverte à tout public chez le Collectif Le Récif à Rivière-Trois-Pistoles (10 novembre, 18h), au Centre d'art de Kamouraska (12 novembre, 18h), à La Trinité-des-Monts (17 novembre, 18h), au Musée du Témiscouata (20 novembre, 18h), et à la Maison de la Culture du château Landry à Mont-Joli (26 novembre, 17h). Pour ce dernier arrêt, l'autrice Elise Argouac'h se joindra à Andrée Bélanger lors d'une résidence de co-création de deux jours avant l'événement, et présentera son œuvre écrite au cours de la soirée-rencontre. Les œuvres resteront exposées au Château Landry jusqu'au 31 mars 2021.

 

Les artistes

Elise Argouarc'h et Andrée Bélanger

Originaire du Bas-Saint-Laurent, Andrée Bélanger a résidé plusieurs années à l'étranger avant de revenir s'installer dans sa région au printemps 2017. Avant de se lancer en tant qu'artiste professionnelle en 2013, Andrée a suivi une brève formation à la Yukon School of Visual Arts à Dawson City, puis a poursuivi le développement de sa pratique artistique de manière essentiellement autodidacte. Andrée Bélanger a présenté une variété de projets individuels et collectifs en dessin, peinture, installation, vidéo, photo, sculpture et performance au Québec, dans le Grand Nord canadien et en Europe.

Elise Argouarc’h transcende l’exil grâce à la création parlée depuis son immigration au Québec en 2011. Elle s’intéresse à l’interaction entre le corps et l’oralité dans la performance artistique comme voie d’actualisation identitaire. Depuis 2014, elle apparaît sur les scènes conte et slam du Bas-Saint-Laurent. En solo ou dans des collectifs, ses thèmes privilégiés sont féministes, territoriaux, migratoires et suivent le chemin d’une décolonisation intime. A l’instar de Gougaud, elle estime que les arts de la parole peuvent « faire exister les gens à qui ils parlent ». Elle offre dans divers milieux des ateliers de création de kasàlà (poésie de louange africaine) pour développer le pouvoir de dire et d’être. Elle fait actuellement un doctorat pour étudier comment les arts de la parole peuvent soutenir la résilience et l’inclusion des femmes réfugiées accueillies au Bas-Saint-Laurent.

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